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Economie / Entreprises

LE 22 octobre 2009 PAR Liêm Hoang Ngoc - 0 COMMENTAIRES

Projet de budget 2010 : hésitant, inefficace et injuste

Projet de budget 2010 : hésitant, inefficace et injuste Le projet de budget 2010 hésite entre une franche relance de la demande en refusant d’agir résolument sur la consommation. Les deux seules mesures qui aient eu un impact sur la croissance en 2009 sont la prime à la casse et la suppression du troisième tiers provisionnel pour les classes moyennes. Le gouvernement prévoit progressivement de les supprimer. Le taux d’utilisation des équipements de nos entreprises est aujourd’hui à son plus bas historique (70%). Faute d’une relance de la consommation, principal moteur de la croissance, les entreprises n’ont aucune raison d’investir, c’est-à-dire d’acheter de nouvelles machines, et ce tant que leurs capacités de production ne sont pas saturées. Les avances en trésorerie (formant l’essentiel du plan de relance 2009) ont certes été provisoirement salutaires pour nombre de PME, mais celles-ci n’ont pas investi car leurs carnets de commande sont vides. Quant au fond d’investissement stratégique, les 5 milliards attribués à l’industrie automobile sans contrepartie et sans planification de la voiture propre ont souvent été utilisés par les sous-traitants pour délocaliser leur production ! La prétendue relance de l’investissement (deuxième composante de la demande globale) a échoué : le taux d’investissement recule une nouvelle fois en 2009.

La politique budgétaire du gouvernement est inefficace. Aucune mesure de relance nouvelle et ambitieuse n’y figure, alors que la France est en pleine récession. Elle tient d’un côté dans la création de niches fiscales censées relancer l’économie par l’offre. Le paquet fiscal est une énorme niche de 15 milliards. La baisse de la TVA a coûté 2,5 milliards. On ajoutera la réforme de la taxe professionnelle qui amputera de 7 milliards par an le budget des collectivités locales. Elle réalise de l’autre côté des coupes sombres dans les dépenses d’avenir, que sont par exemple la santé et l’éducation, en détruisant 30 000 postes par an dans les services publics, compromettant l’entretien de nos amortisseurs sociaux, par ailleurs tant vantés… Elle approfondit enfin la réduction de la part des prestations sociales prises en charge par la protection sociale obligatoire, par la pérennisation des franchises médicales et opère de nouveaux prélèvement sur les ménages par le biais de la fiscalisation des accidents du travail et la hausse du forfait hospitalier. On voit mal dans ces conditions comment l’objectif d’une croissance de 0,8% pour 2010, annoncé par le gouvernement pourra être atteint. Rappelons que l’objectif de croissance de la loi de finance 2009 tenait dans une fourchette de 0,2 à 0,5% et que celui de la loi rectificative, après annonce du plan de relance était de 1%. Le résultat pour 2009 sera vraisemblablement une récession de –3%. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que la dette se creuse, non pas parce que le gouvernement a été keynésien, mais parce que sa politique n’a tout simplement pas atteint sa cible. Le déficit de 2009 au sens de Maastricht (comptes sociaux inclus) sera de 160 milliards. Il s’accroîtra probablement en 2010. Il s’agit d’une mauvaise dette car elle ne finance pas de dépenses susceptibles d’exercer un effet bénéfique sur la croissance. Quant au chômage, il s’accroîtra inexorablement car l’économie détruit des emplois dès lors qu’elle se meut à un taux de croissance inférieur à 1,5%.

Cette politique s’avère des plus injustes car la charge de la dette pèse déjà sur les ménages modestes qui ne bénéficient d’aucun bouclier fiscal et qui sont taxés au premier centime d’euros dépensé, par le biais de la TIPP bis que représente la taxe Carbone, et en cas de maladie, par le biais des franchises et du forfait hospitalier.

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