On se souvient que la gauche s’était trompée en parlant de sentiment d’insécurité, quand celle-ci était bien réelle dans certains territoires.
Voilà qu’avec la vidéosurveillance on est en train d’inventer le sentiment de sécurité, quand elle ne sera en vérité nulle part.
La généralisation de la vidéosurveillance n’a rien de moderne. Son efficacité n’est pas véritablement démontrée dans la lutte contre la délinquance sur la voie publique.
Elle n’est pas une demande des citoyens dont on trompe le désir de sûreté à coups de sondages très orientés (à la question « êtes-vous pour l’installation de caméras pour lutter contre la délinquance, le sondé retient forcément la seconde proposition ; comment être contre ?).
Combien de millions d’euros, combien d’entorses à nos principes…pour quelle efficacité ?
Ici, on constate que les caméras ont éradiqué les violences….de 100 mètres ; là des conducteurs de transports collectifs se plaignent d’être désormais sous surveillance de leur employeur ; ailleurs, les policiers eux-mêmes affirment que personne n’est là pour visionner les bandes.
Que l’on protège des monuments, des lieux de dépôts de valeur, et quelques places publiques, certes…mais qui croit-on rassurer en installant des caméras partout, hormis ceux qui les vendent ?
Même en limitant le débat à la seule lutte contre la délinquance (et non sur ses causes, pourtant coeur du sujet), il est évident que ce marché juteux n’accompagne que les inutiles démagogies.
Si de tels propos rebondissent sur le dogme de la sarkozye, les mairies de gauche engagées dans cette logique feraient une erreur de croire qu’en faisant ce que la droite nous somme de faire, nous lui couperions l’herbe sous le pied. En vérité, cela se retournera contre les libertés, tôt ou tard ; et contre nous politiquement, forcément.
Pour la gauche, le mauvais oeil n’est pas loin derrière la caméra…