AP. Le porte-parole du Parti socialiste Benoît Hamon a dénoncé lundi dans la suppression de la publicité sur les chaînes de France Télévisions "le maquillage d’un démantèlement du service public audiovisuel", en demandant des "moyens supplémentaires".
Dans "cette opération de suppression de la publicité, il y a le maquillage d’un démantèlement du service public audiovisuel", a affirmé Benoît Hamon sur i>Télé.
"S’il n’y a pas davantage de moyens pour le service public de préparer l’avenir, pas simplement d’avoir un budget constant, mais de préparer les défis technologiques notamment, (il) verra progressivement ses capacités à faire une télévision de qualité diminuer", a-t-il déclaré, estimant que le service public "mériterait de vrais états généraux".
"Puisque l’Etat sera le seul bailleur de fonds, il faut des garanties supplémentaires de l’indépendance des rédactions, donc des moyens supplémentaires. (...) Plus les moyens existeront, plus on assurera une forme de pluralisme de l’information", a-t-il jugé.
Souhaitant dans "l’idéal" un service public audiovisuel sur le modèle britannique de la BBC, le porte-parole du PS a estimé : "Est-ce qu’on y arrivera en supprimant les moyens de l’audiovisuel français ? Je crains que non".
Interrogé sur les propos du ministre Patrick Devedjian, qui a estimé lundi sur Canal+ que la suppression de la publicité était "une sorte de désintoxication" à laquelle il fallait "s’habituer", Benoît Hamon a ironisé sur une "surintoxication" à la publicité "dans le secteur privé", rappelant que "simultanément (...) le gouvernement va autoriser une deuxième coupure de publicité" dans les films sur les chaînes privées.
"C’est une affaire d’argent : on va retirer une manne au secteur public qui va directement aller au secteur privé", a-t-il déploré, estimant toutefois un boycott de TF1 "difficilement praticable".